Dans les moments les plus difficiles, lorsque Pastef subissait les interdictions, lorsque notre siège était scellé, lorsque Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye étaient emprisonnés, nous avons tenu bon ensemble.
Je parle bien sûr de ceux qui sont restés, pas de ceux qui ont disparu en pleine tempête : téléphones éteints, groupes désertés, silence absolu, et qui, tout à coup, veulent revenir en donneurs de leçons.
Nous avons traversé l’épreuve la tête haute. Aujourd’hui, pourtant, nos espaces de discussion ressemblent trop souvent à des arènes de division. Et cela fait mal.
Ce n’est assurément pas pour cela que nous nous sommes battus.
Insulter le président de la République, preuve qu’on le connaît très mal, ou rabaisser le premier ministre, un homme qui mérite toute notre considération, n’a jamais fait avancer notre cause.
Ce sont des dirigeants de valeur qui méritent respect et reconnaissance, même lorsque les avis diffèrent.
Notre force a toujours reposé sur notre unité, notre discipline et notre capacité à montrer l’exemple. En ce moment, nous laissons trop de place aux malentendus, aux émotions à vif et aux interprétations hâtives… et l’image que nous renvoyons ne reflète en rien la maturité du projet que nous portons.
Prenons un pas de recul. Retrouvons notre fraternité, notre sens de l’honneur, notre engagement initial. Nous n’avons pas fait tous ces sacrifices pour finir dans des querelles internes.
Pour ma part, je choisis la voie du respect, de la loyauté et de la responsabilité.
Restons dignes de notre histoire, et surtout dignes de l’avenir que nous voulons bâtir.
* Ndeye Fatou Mbodj
Membre du bureau politique de Pastef